Torpillage social néolibéral: le cas de la Grande-Bretagne, le nouvel ordre mondial et la destruction des acquis sociaux
Nous traduisons ici le dernier article de John Pilger, qui nous explique en partie le marasme social se déroulant en Grande-Bretagne. Marasme débuté depuis l’ere Thatcher avec une certaine rémission, repris de plus belle sous la houlette néolibérale travailliste (socialiste) de la clique Tony Blair et Gordon Brown, pour que le coup de grâce soit définitivement porté aux sujets de sa disgracieuse, pathétique royauté vampirisante, totalement dépendante, comme le gouvernement des banquiers de la City qui s’engraissent de la dette et du pillage en regle d’une société moribonde, par le parti Tory (conservateur) du guignol David Cameron, autre marionnette grotesque du cartel financo-indusriel.
Vous pensez qu’on en a rien a foutre ?… Que ce sont les rosbifs ?.. Chacun ses oignons et sa merde ?… Pilger est australien, vivant depuis des lustres en GB. Il a fait le même constat il y a peu pour son pays, et ce qui suit est valable pour toutes les sociétés sous le joug de la dictature souple (pour l’heure et par nécessité) de la social-démocratie néolibérale.
Nous assistons au torpillage en regle et au pillage parfait des biens et richesses publics et privés par l’oligarchie qui pousse au néo-esclavagisme des peuples occidentaux, seule condition pour la possibilité d’avenement de leur Nouvel Ordre Mondial, de leur gouvernance mondiale auto-proclamée, fasciste et totalitaire a l’extrême.
Pilger convient ici que la partie est finie. Que les peuples ne vont bientôt plus avoir le choix que celui de la révolte. Prenant le poeme de Shelley, il nous dit que nous sommes nombreux et ils sont peu. Renverser l’oligarchie ne sera peut-être pas le véritable probleme… Le véritable probleme sera de savoir par quoi remplacerons-nous les institutions étatiques et financieres obsoletes ?… Nous devons y réfléchir et avoir une idée directrice, le temps presse. Boycottons les institutions étatiques et financieres, boycott du vote, de l’impôt (désobéisance civile), et écroulons le colosse aux pieds d’argile.
Oeuvrons pour une société socialement émancipée d’ou jaillira l’égalité, condition sine qua non de la liberté humaine.
"Égalité, Solidarité, Liberté" doit être la devise corrigée pour l’émancipation sociale du, par et pour le peuple.
- Résistance 71 -
La partie est finie. Levons-nous et battons-nous
par John Pilger
le 4 Novembre 2010
Url de l’article original en anglais:
http://www.johnpilger.com/articles/the-party-game-is-over-stand-and-fight
"Levez-vous comme les lions sortant de leur torpeur
En nombre invincible !
Faites tomber vos chaînes sur la terre, comme la rosée
Qui est tombée sur vous en votre sommeil
Vous êtes nombreux – ils sont peu."
En ces jours, ces lignes poignantes de Percy Shelley tirées du "Masque de l’anarchie" peuvent sembler hors de portée. Je ne le pense pas. Shelley était a la fois un romantique et un conteur de vérité politique. Ses mots résonnent maintenant seulement mieux parce qu’il n’y a plus qu’une seule possibilité d’action politique pour ceux qui ne sont plus affranchis et ceux dont la ruine est annoncée sur un tableau de statistiques du gouvernement.
Née de l’esprit du "jamais plus" de 1945, la démocratie-sociale a capitulé au culte politique extrême de l’adoration de l’argent roi. Ceci a atteint son apogée lorsque 1 000 milliards de Livres britanniques furent données sans condition a des banques corrompues par un gouvernement travailliste dont le leader, Gordon Brown, avait auparavant décrit les financiers comme un "grand exemple" pour la Nation et son inspiration personnelle.
Ceci ne veut pas dire que la politique parlementaire est nulle et non avenue. Elle n’a qu’une seule signification aujourd’hui: le remplacement de la démocratie par un plan mercantile pour chaque activité humaine, chaque rêve, chaque chose décente, chaque espoir et tout enfant né.
Les vieux mythes de la droiture britannique, d’origine impériale, ont donné un faux sentiment de confort lorsque le gang Blair bâtît les fondations de la "coalition" actuelle. Ceci est mené tambours battants par un ex-publicitaire d’un charognard de l’immobilier et par un idiot qui héritera du titre de noblesse et de la fortune exonérée d’impôts de son père, le petit baron de Ballintaylor 17eme du nom. David Cameron et George Osborne sont essentiellement des fossiles, qui en des temps coloniaux, auraient été envoyés par leurs pères pour accaparer et piller des terres étrangères.
Aujourd’hui, ils s’assujettissent la Grande Bretagne du XXIeme siècle et imposent leur idéologie archaïque et dévastatrice, même si promue comme lubrifiant économique. Ceci n’a rien a voir avec une "crise du déficit". Un déficit de 10% est loin d’être une crise. Quand la Grande Bretagne était officiellement en banqueroute a la fin de la seconde guerre mondiale, le gouvernement bâtît ses meilleures institutions publiques telles la Sécurité Sociale et les bâtiments des arts de la rive sud de Londres.
Il n’y a aucune logique économique pour l’assaut généralisé et ce qui est décrit par la BBC comme étant "une révision des dépenses publiques". La dette est exclusivement la responsabilité de ceux qui l’ont perpétrée: les super riches et les investisseurs parieurs. Quoi qu’il en soit, ceci est hors sujet. Ce qui se passe aujourd’hui en Grande Bretagne est la prise d’opportunité pour détruire l’humanité tenace de l’état moderne. C’est un coup d’état, une thérapie de choc a l’identique de celles appliquées dans e Chili de Pinochet et la Russie de Yeltsine.
En Grande Bretagne, il n’y a pas besoin de chars dans les rues. Dans l’indifférence gestionnaire des libertés qu’elle dit pourtant chérir, la Grande Bretagne bourgeoise a autorisé le parlement a créer un état de surveillance policière avec 3 000 nouveaux crimes et lois afférentes: plus que dans l’ensemble du siècle passé. Les pouvoirs d’arrestation et de détention n’ont jamais été si importants. La police peut tuer en toute impunité; et les demandeurs d’asile peuvent être mortellement contrôlés a bord des vols commerciaux.
Athol Fugard a raison. Depuis la mort d’Harold Pinter, aucun écrivain ou artiste n’ose se démarquer de la vanité bien rémunérée. Il y a tant a dire et ils n’ont rien a dire. Le libéralisme, la plus veule des idéologies, a mis la barre très haut. L’opportuniste en chef, Nick Clegg, n’a donné aucune indication dans sa campagne électorale sur son accord partisan odieux de démanteler la plupart de la société britannique de l’âpres seconde guerre mondiale. Le vol de 83 milliards de Livres britanniques en emplois et services est quasi identique a la somme d’impôts légalement évités par le cartel industriels pirate. SAns fanfare, les super riches ont obtenu la garantie qu’ils pouvaient délocaliser 40 milliards de Livres d’impôts dans les coffres secrets de banques suisses. Le jour ou ceci fut scellé, Osborne attaqua ceux qui abusent du système social national. Il oublia de mentionner la somme perdue: 500 millions de Livres et que 10,5 milliards de Livres en paiement de bénéfices ne furent pas réclamés. Le parti travailliste est un associé silencieux.
La branche propagandiste de la presse écrite et audio-visuelle présente cela de maniere obédiente, comme étant attristant mais néanmoins nécessaire. Notons la couverture médiatique de l’action des brigades de pompiers. Sur la chaîne 4 des nouvelles, apres un petit reportage montrant des gens courageux et modestes devenant incontrôlables et dangereux, Jon Snow demanda que les leaders de l’autorité londonienne des incendies et du syndicat des brigades de pompiers partent des studios dans la minute et trouvent un compromis. "Je m’occupe des taxis" déclara t’il. Oublions les milliers d’emplois qui vont être supprimés des services d’incendie et l’augmentation des risques pour le public. "Excellente initiative" dit le présentateur.
La série de documentaires de Ken Loach "Questions de Leadership" datant de 1983, s’ouvre sur une séquence de jeunes syndicalistes des plus motivés sur des estrades harranguant les foules. Ils sont ensuite montrés plus vieux, florissants et auto-satisfaits vêtus de l’hermine de la maison des Lords. Un jour, au gala des mineurs de Durham, j’ai demandé a Tony Woodley, l’actuel co-secrétaire général de Unite: "Le probleme n’est-il pas avec la collaboration des leaders syndicaux ?" Il acquiesça presque, impliquant que la montée du sang nouveau tel que le sien allait changer tout cela. La greve des personnels navigants de British Airways que Woodley préside est dite avoir fait des progrès. Vraiment ? Pourquoi les syndicats ne se sont ils pas donc levés contre les lois totalitaires qui mettent le syndicalisme autonome dans un étau ?
Les ouvriers du bâtiment public, les pompiers, les conseillers, les personnels des postes, de la sécurité sociale, du métro de Londres, les enseignants, étudiants, peuvent faire bien plus que jeu égal avec les Français dans la rue, s’ils sont déterminés et imaginatifs, forgeant, avec un mouvement de justice sociale plus ouvert, ce qui peut potentiellement devenir le plus grand mouvement de résistance de l’histoire. Lisez sur internet, écoutez le support public dans les casernes de pompiers. Il n’y a plus d’autre chemin maintenant. L’action directe. La désobéissance civile. Lisez Shelley et faites le.
Cet article a été publié le novembre 12, 2010 à 6:56 et est classé dans actualité, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, syndicalisme et anarchisme avec des tags crise économique, crise globale mondiale, dégradation sociale grande bretagne, désobéissance civile, nouvel ordre mondial, nouvel ordre mondial destruction des acquis sociaux, résistance politique. Suivez toutes les réponses à cet article par flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre site.